.vin et .wine : les extensions de noms de domaine qui divisent l’Europe et les Etats Unis

Dans le cadre de l’ouverture de nouvelles extensions de noms de domaine, tous les amoureux du vin pourront bientôt réserver un nom de domaine en « .vin » ou « .wine ». Mais les intérêts pour ces deux extensions divergent en Europe et outre- atlantique. Zoom sur ce qui oppose les parties…

L’ICANN a ouvert une brèche pour de nouveaux noms de domaine courant 2012 en annonçant la création de nouvelles extensions de noms de domaine. Aux vues des opportunités que peuvent représenter ces nouveaux domaines pour les entreprises (.apple, .google, etc.) mais aussi pour les communautés ou encore les régions (.bzh, .paris, .corsica, etc.), plus de 1900 dossiers de candidatures ont été déposés. Parmi ceux-ci, un « .vin » et un « .wine » divisent l’opinion et surtout l’Europe et les Etats-Unis.

Pourquoi cette opposition ?

Dans ce cadre, c’est de propriété intellectuelle et d’appellations d’origine dont il s’agit. En effet, d’un côté, les Etats-Unis prônent un Internet libre et sans restriction. Dans ce cas, tout à chacun serait libre de déposer un nom de domaine en .vin ou .wine en fournissant un minimum d’informations sur l’intérêt et la légitimité à déposer ce type de nom de domaine.
De l’autre côté, l’Europe souhaite que ces extensions soient bien contrôlées afin de ne pas induire les consommateurs en erreur. En effet, les sociétés qui se sont portées candidates à l’exploitation de ces noms de domaine ont mis en avant leur souhait de ne prévoir aucune protection pour les noms des vins ayant une appellation d’origine. Ainsi nous pourrions voir apparaître sur la toile des sites internet de type : www.bordeaux.wine ou www.bordeaux.vin sans que le site hébergé ait la moindre légitimité envers les vins de Bordeaux par exemple. L’Europe met donc en avant un risque de tromperie sur la marchandise pour le consommateur mais également un détournement de l’appellation d’origine.

Le dialogue entre les deux parties est pour le moment rompu mais il pourrait être renoué grâce à une médiation entre les sociétés candidates à l’exploitation de ces deux nouveaux noms de domaine et la filière viticole.