En dépit des oppositions, le projet du .vin et .wine continue d’avancer

Il existe de nombreuses protestations autour du .vin et du .wine depuis le lancement de la procédure de l’ICANN en mars dernier.

Pourquoi ces contestations ?

Le monde viticole est en alerte car les producteurs de vin craignent d’être obligés d’enregistrer leur marque pour la protéger et éviter l’usurpation de leur propre récolte par des imposteurs. Ce qui serait clairement un risque de concurrence déloyale.

Après une suspension de 60 jours de la procédure, aucune erreur n’a été trouvée dans celle-ci. L’ICANN souhaite donc continuer la validation de cette nouvelle extension. Pour l’organisme mondial en charge de la gestion des nouvelles extensions de noms de domaine la priorité est de garantir l’universalité de l’accès à Internet. Les préoccupations divergent entre les viticulteurs et l’organisme de régulation.

Pour les trois ministres (de l’agriculture, du numérique et des affaires étrangères) du gouvernement français cette procédure « menaçait  de devenir un cas emblématique des dérives du système actuel de la gouvernance de l’Internet ».  Ils ont directement pris contact avec la Commission européenne en leur demandant par courrier de faire barrage au projet en attendant que la protection des indications géographiques soit garantie. En effet, ces noms de domaine sont en contradiction avec le droit européen.  C’est pourquoi, l’ICANN et les entreprises candidates souhaitent utiliser la négociation d’accord bilatérale entre l’Union Européenne et les Etats Unis.

Le projet garde le cap

Malgré les protestations et  l’opposition de plusieurs pays européens et  de nombreux producteurs de vin, les adresses se terminant en .vin en français et en .wine en anglais devraient voir le jour.
Parmi les candidats, on retrouve la Start up américaine Donuts mais également Famous Four Media  et Afilias. L’ICANN leur a donné jusqu’à janvier 2015 pour trouver un compromis pour le .wine. En revanche il n’y a qu’un seul candidat pour le .vin, une société européenne, ce qui simplifie la décision finale.

Selon le gouvernement américain, l’ICANN serait mal avisé d’ignorer les indications géographiques européennes. L’ICANN est donc soutenu par les autorités américaines. L’organisme ne souhaite pas renoncer à la vente des extensions .vin et .wine, l’enjeu étant trop important. La prochaine réunion de l’ICANN prévue du 22 au 26 juin 2014 à Londres nous apportera peut-être de nouvelles informations à ce sujet. Toutefois, il faudra encore attendre quelques mois pour avoir le dénouement de l’histoire.